Une spiritualité sans passé
Un
livre de Thierry Vissac

Nous
sommes tous
conditionnés par des siècles de préceptes religieux et
moraux auxquels s’ajoutent les croyances plus récentes des
nouvelles spiritualités autant que de la religion laïque.
Notre regard sur le monde et sur nous-mêmes est
constamment déterminé par ces conditionnements. Nous ne
sommes pas libres de voir le réel ; de réaliser qui nous
sommes vraiment ; de connaître nos désirs, nos motivations
et nos vocations; d’évaluer la justesse de nos actions et
de nos choix, voire notre potentiel humain.
Quoi que nous fassions sous l’emprise
de ce conditionnement, nous ne progressons pas. Ce
sentiment de « tourner en rond » est général en Occident
où le désir de « se connaître » est aussi fort que la
confusion est totale, où le besoin de sonder les
mystères de l’existence est noyé dans les constructions
mentales les plus disparates, où le souhait de voir
évoluer nos sociétés se confronte à des « réflexes
(in)humains » que la famille des hommes semble incapable
de dépasser.
Sans une « mise à plat » de tous nos
systèmes de croyances, même ceux qui nous semblent a
priori les plus légitimes, ce sentiment ne peut que
persister et la nature essentielle de la spiritualité
reste perdue, les efforts collectifs pour mieux « vivre
ensemble » sont des échecs.
Cet ouvrage
invite à cette mise à plat
radicale, pratique et salutaire, de nos croyances afin
de revenir à une spiritualité sans passé dont
l’authenticité et les implications ne nous feront pas
regretter ces anciens mirages.
Extrait
:
Au XXIe siècle, la majorité de ceux qui
s’intéressent à la spiritualité et à la religion sont
des « croyants ». Ils croient en quelque chose qu’ils
n’ont pas vérifié eux-mêmes. C’est un « acte de foi »
qui repose sur la confiance en une autorité spirituelle
individuelle ou une tradition et à leurs dogmes et
principes.
Ces croyants adhèrent à des « constructions
mentales » (comme la description d’un paradis après la
vie terrestre, d’un état de grâce dans cette vie-ci,
d’une réalité transcendantale invisible mais qu’il
faudrait vénérer, etc.) qui motivent leur engagement et
leurs actions. Le fait que des autorités différentes
décrivent des paradis, des états de grâce et des
réalités transcendantales très différentes n’a pas
encore ému ces croyants au point de leur faire douter de
la validité de ces constructions mentales. Ils croient
que
leur
construction d’une promesse spirituelle est
la bonne
et que l’autorité qui l’a si minutieusement exposée est,
évidemment, la mieux inspirée.
Ce phénomène, aussi ancien que l’humanité, n’a pas
été ébranlé par les attaques virulentes des
rationalistes, des athées et de tous ceux qui se sont
révoltés contre les spiritualités dogmatiques, coupées
du réel.
Il semble y avoir une raison profonde à cet
attachement aux « croyances » qui constitue l’essentiel
de la religiosité aujourd’hui.
Les
objectifs
tiennent une place prépondérante dans la démarche
religieuse : il faut agir
d’une certaine manière pour mériter
quelque chose dans l’avenir. Cette mobilisation de
l’attention des croyants sur le
comportement
et le futur
fait comme un socle immuable sur lequel reposent les
institutions. Les croyants les plus motivés s’appliquent
à se comporter de manière conforme
et à espérer qu’ils mériteront le cadeau
qui leur a été promis.
Contrairement à certaines apparences, cette attitude
n’est pas limitée aux anciennes religions les mieux
établies et les plus reconnues. Même si les nouvelles
expressions de la spiritualité semblent moins rigides en
apparence ou ont développé des concepts et des postures
plus originales, il reste que le comportement du croyant
repose toujours sur ce socle commun : « J’agis d’une
certaine façon pour obtenir quelque chose que je ne vois
pas mais qu’on m’a promis et en quoi je veux croire ».
Un catholique ajustera son comportement aux préceptes de
sa religion afin de pouvoir gagner le paradis des
chrétiens. L’action du catholique pour mériter ce futur
glorieux est reconnaissable, elle est inspirée par des
valeurs bien connues dans notre civilisation. Depuis la
moitié du XXe siècle, les spiritualités d’inspiration
orientale ont été l’objet d’un certain engouement pour
les jeunes générations. On pourrait penser qu’elles ont
révolutionné le socle commun des religions, débarrassé
les croyants de leur engagement aveugle, inspiré à une
exploration plus consciente de la vie intérieure plutôt
qu’à l’adhésion irréfléchie à des principes
intellectuels. On peut constater qu’il n’en est rien
(...)
Le fait est qu’il n’existe pas aujourd’hui de
démarche spirituelle qui ne soit fondée sur une
« croyance intellectuelle » et un « futur
hypothétique ». La cause de ce système qui sclérose
toutes nos spiritualités est assez simple : l’espace
même de l’expérience de toute spiritualité nous effraie
et toute l’attention des croyants se porte ailleurs pour
l’éviter.
Ce livre propose que nous portions notre attention
vers ce lieu essentiel, non pour créer une nouvelle
action sur la base d’une nouvelle croyance et dans un
objectif à venir, mais pour l’exploration en direct et
sans idée préconçue de la substance même de la vie.
Posons-nous cette première question : existe-t-il un
meilleur endroit que notre « vie intérieure » pour
connaître réellement ce que nous sommes, ce que nous
vivons, de quoi nous sommes capables et notre potentiel
? Et une question corollaire : notre vie intérieure
n’est-elle faite que de pensées, de concepts et de
croyances ou sommes-nous passés à côté de quelque
chose ?
96
pages 13,5 x 20,5 cms broché dos carré-collé cousu
ISBN-13
: 978-2-914800-23-5
EAN : 9782914800235
Prix
de vente public TTC : 10 € Edition :
Edition
: Juin 2011 - Peinture de couverture : Soline
Auteur
: Thierry Vissac