« Nous assistons aujourd’hui
à l’effondrement de notre
modèle de société. Quelque
chose est à l’œuvre… »
N°90
: Hiver 2008 -Éveil,
illumination, Y a-t-il une pédagogie
?
L'éveil
spirituel
«
L'éveil est l'émergence de la conscience
hors du monde fantasmagorique des
illusions »
N°
86 : Hiver 2007 - Face à la peur
Peur
instinctive, peur psychologique et liberté
«
L’attention est toujours tournée « au-dehors
», vers les sources de danger dont il faut
se protéger, et elle évite « le dedans »,
afin de fuir le danger que nous représentons
souvent pour nous-même. Nous avons d’abord
peur de cet inconnu que nous sommes et, par
extension, nous sommes terrifiés par ces inconnus
que sont les autres. Une piste nous est donnée
dans la compréhension de ce marasme : nous
fuyons quelque chose qui est pourtant notre
bien le plus précieux. Nous ne voyons que
la crête des événements et nous sommes en
conflit avec eux. S’il y a une Intelligence,
elle est comme cette partie immergée de l’iceberg
qu’on ne peut reconnaître que si l’on plonge,
et que l’on ne voit jamais si l’on reste en
surface. »
N°
85 : Automne 2007 - Amour et Liberté
Amour
et liberté
«
L'amour est le grand sujet et le grand objet
de notre existence. On ne parle jamais que
d'amour même quand on croit parler d'autre
chose. On n'entend jamais parler que d'amour
même quand on croit entendre parler d'autre
chose. Amour est un des mots les plus utilisés
dans la recherche sur Internet. C'est un
mot secret, une quête intime et souvent
masquée, mais qui peut se dévoiler dans
sa forme la plus impérieuse et la plus désespérée
dans l'anonymat des pseudonymes. »
N°
83 : Printemps 2007 - La nouvelle naissance
La
seconde naissance est en fait notre toute
première réalité
«
Notre véritable nature est spirituelle,
elle est notre « première naissance ».
Le point de vue des gens « spirituels »
mais centrés sur l'incarnation leur fait
observer la réalité dans la chronologie
de la venue au monde terrestre : l'homme
porte en lui le pressentiment de l'éternité
de la Vie. Mais ce pressentiment est en
réalité une nostalgie, non pas le goût de
quelque chose à venir mais de quelque chose
oublié, enseveli sous les urgences de nos
vies personnelles dissociées. Et nous sommes
donc nés avant ce corps et ne faisons que
nous en souvenir un jour terrestre.. »
N°
80: Printemps 2006 - La relation
La
relation à l'autre n'est pas la source
de la joie mais l'espace de son expression
«
Le point de référence de l'être spirituel n'est plus
l'intensité ni la durée qui ne sont que fantasmes et
objectifs scintillants du développement personnel. Même
si l'on peut accorder une valeur ponctuelle et pratique
aux exercices qui visent à restaurer l'harmonie dans
le couple, ou dans toute relation, il reste que l'intention
à l'origine de cet espoir est faussée. Il est en effet
impossible de vivre les choses sur le plan personnel
de manière « permanente ». La seule permanence
que l'on puisse connaître est la permanence de l'accueil
de ce qui est. »
N°
75 : Premier trimestre 2005 - Le bonheur est-il possible
?
La
joie qui demeure
«
Il n'y a pas de promesse dans le bonheur auquel nous sommes
attachés en tant qu'individus en lutte contre la Nature.
Nous sommes éduqués à bâtir, construire, et nous nous
étonnons quand nos constructions s'écroulent, comme si
nous avions voulu ignorer que nous ne sommes pas maîtres
de la Nature et que nous ne sommes pas ici, essentiellement,
pour construire. C'est pourquoi celui qui juge sa vie
réussie à partir de ses constructions est victime d'un
leurre. Et celui qui juge que sa vie est un échec selon
cette perspective de la vie se leurre également. Depuis
que l'homme vit en société, certains vivent dans le confort
matériel et d'autres pas. Croyez-vous que cette différence
soit une erreur ? Oui, si vous pensez que ce confort est
le but de la vie. Mais si vous pouvez envisager que notre
regard s'est tout à fait fourvoyé dans cette quête, vous
commencerez à entrevoir une autre possibilité, que nous
rejetons souvent, peut-être même au moment d'entendre
ces mots, et qui nous indique que la joie qui demeure
n'est pas dépendante des objets, des relations, de l'environnement.
Je parle de la vraie joie, celle à laquelle nous aspirons
de tout notre être, dont nous avons une nostalgie profonde,
pas de la satisfaction que nous appelons bonheur et qui
est dépendance absolue. »
N°
74 : Automne 2004 - Effort ou Lâcher-prise
Hors
l'effort, dans l'abandon
«
Voilà en quoi la quête spirituelle est souvent un
empêchement : elle est saturée de nos attentes, de
nos fantasmes et de nos impatiences. Elle projette
dans un futur hypothétique une merveille dont chaque
instant serait dépourvu. Elle n'envisage pas la possibilité
que la merveille soit déjà présente, ici, tout de
suite et que notre crispation spirituelle ne soit,
en réalité, que le paravent principal masquant l'objet
véritable de notre quête. L'aspiration spirituelle
originelle - avant qu'elle ne s'alourdisse des fantasmes
de l'ego spirituel - ne nous parlait ni de «
devenir » ni « d'amélioration ».
Elle nous murmurait intimement la promesse de l'abandon,
de l'accueil inconditionnel à un instant déjà plein.
C'est un peu comme si vous aviez commencé cette lecture
en espérant trouver la lumière à la fin et que je
vous proposais de jouir de chaque mot comme une fin,
ou une lumière, en soi, comme si je vous disais que
la fin du texte n'apporterait pas « plus »
que les mots eux-mêmes et l'espace entre eux, ni même
que l'espace avant tous ces mots. »
N°
72 : Printemps 2004 - Y a-t-il une libre recherche
spirituelle ?
Une
libre recherche spirituelle ?
«
Laissons-nous travailler par le Grand Alchimiste,
dans le creuset de ce quotidien, et peut-être ceux
qui nous trouverons fous, et nous conseillerons
d'être contrôlés par les codes de la sagesse ancienne,
ne feront-ils qu'exprimer leur terreur de s'abandonner
eux-mêmes à une Intelligence qu'ils ont enfermée
dans les livres, le savoir et la règle. Mais une
fois encore, ce n'est pas au chercheur que s'adresse
cette invitation. Il n'y a rien à faire de ces mots.
Il n'y a que la résonance d'un appel oublié à s'offrir.
Et
dans cette offrande, il ne manquera pas de rencontres
pour apporter les conseils et soutiens éventuels,
puisque, le cur ouvert à toute chose plutôt
qu'adepte d'un courant de pensée particulier, la
magie peut enfin opérer sans restriction. Chaque
rencontre devient une rencontre avec soi, chaque
situation redevient vivante, nous ne saurions plus
lire le livre de la vie en diagonale parce que nous
avons réalisé que notre véritable folie était dans
la quête des savoirs et des codes, dans l'enfermement
d'un mental et l'anesthésie du cœur, dans le contrôle
apeuré de la tornade du vivant qui n'a jamais été
aussi mal servie que par les « croyants »
et leurs donjons dorés.»
N°
70 : Automne 2003 - Souffrance et Libération
Le
lieu véritable de la paix
«
Il faut le voir sans défaitisme : les mouvements, les
exigences du corps et de l'esprit ne se maîtrisent pas
et la croyance répandue - jusque dans les cercles spirituels
- que nous parviendrons à les contrôler est un leurre.
Notre liberté ne dépend pas d'une maîtrise quelconque
et certainement pas des mouvements naturels. Depuis toujours,
la sagesse immortelle nous enseigne, par le témoignage
ou par l'exemple, que la paix n'est pas dépendante des
mouvements du corps et de l'esprit. (...)
Nous
sommes en train d'aborder un sujet délicat avec un œil
neuf et téméraire en acceptant intérieurement que nous
avons peut-être fait fausse route et qu'il existe en soi
une possibilité à découvrir, une nature profonde qui n'attend
pas que les affaires du corps et de l'esprit s'améliorent
nécessairement pour connaître la paix, pour être la
paix. »
N°
67 : Premier trimestre 2003 - Prière et Méditation
Prière
et méditation
«
Il est temps de réaliser que le fruit mûr de notre quête
est l'Abandon plutôt qu'une méthode pour gérer notre vie
sur la base de nos peurs. L'abandon tout relatif de la
prière et de la méditation n'empêche pas les structures
de l'ego de se raidir à chaque rencontre avec le monde.
Il est donc nécessaire de voir plus loin, d'élargir la
portée de la méditation afin qu'elle nous épanouisse dans
une communion avec toutes les formes du Vivant.»
Recto
Verseau
Novembre
2005
Un
genou à terre ou le trébuchement salutaire
du coureur spirituel
«
Le chercheur spirituel a compartimenté la vie. Des instants
lui semblent proches de la grâce et d'autres lui en paraissent
éloignés. Mais cette division est produite par la pensée
spirituelle qui n'est en rien supérieure à toute autre
pensée. Une pensée peut, au mieux, évoquer une réalité
mais elle n'est jamais, en elle-même, la réalité qu'elle
évoque. Je ne parle pas de vivre pleinement des instants
privilégiés mais de privilégier chaque instant. »
Janvier
2005
Qu'est-ce
qu'aimer ?
«
L'Amour n'est pas une émotion. L'Amour n'est pas lié à
une personne et il ne lie à personne. L'Amour est la substance
même de la Vie. On reconnaît « l'expérience »
de l'Amour au fait qu'elle nous révèle la Nature essentielle
de la Vie. L'Amour est une Communion. Il ne s'agit même
pas d'un sentiment, même si nous pouvons traduire la communion
par ce terme. L'objet, la situation ou l'être humain que
nous croisons est le support ou la destination de l'Amour,
c'est le moment où l'existence personnelle se reconnaît
Unique et Infinie. Il n'y a alors plus personne pour aimer
une autre personne. »
Décembre
2003
Le
sentiment d'exister
«
Notre « sentiment d'exister » se résume
longtemps à un élan compulsif à « agir »
et « réagir ». Dans ce torrent
furieux, la conscience d'être fait de rares apparitions.
Emportés par la conscience et l'urgence, nous sommes
dans l'oubli de notre véritable nature. Nous ne
sommes que réactivité, perpétuellement
dépendants des événements périphériques
dont nous attendons le bien-être et fuyant désespérément
tout ce qui semble éveiller en nous un malaise. »
France
Culture
Le
livre de Thierry Vissac, "Le singe sur le sentier du
sage - Pièges et illusions de la démarche spirituelle",
a été présenté sur France Culture par Michel Cazenave, le
2 février 2008, dans le cadre de l'émission "Les vivants
et les dieux".
«
Il est nécessaire, écrit Thierry Vissac, d'avoir vu, ne
serait-ce qu'un bref instant, comment l'enfermement se
poursuit dans la recherche spirituelle et comment les
questions, les défis, les demandes adressées tout au long
de la quête doivent cesser tout à fait afin que puisse
être entendue une autre voix que celle du coureur en soi.
»
«
Parce que Thierry Vissac est lui-même un ancien coureur,
il connaît tous les pièges dans lesquels tombe celui-ci
et toutes les pirouettes par lesquelles il tente de se
maintenir en vie. C'est en cela que l'on peut reconnaître
une légitimité à l'enseignant : il a lui-même fait l'expérience
personnelle de ce dont il parle. »
«
Ce qui est clair pour le mental, dit encore Thierry Vissac,
n'a pas nécessairement atteint l'entendement du coeur.
C'est ce passage sans passage qui va contribuer à la fin
de la course. »
Saskworld
Body Mind Spirit Magazine Online (en Anglais)
- 9 juillet 2007
«
Nous sommes « accueil infini ». Et chaque fois que
l’instinct de la peur, et les crispations qu’elle
engendre, nous conduisent à refuser ce qui est, nous
retournons à l’enfermement personnel. Ce nouveau regard
sur la vie quotidienne est le sens profond de l’enseignement.
Nous sommes enseignés naturellement, sans cesse et
de manière lumineuse par toute chose. »
Yoga
Magazine juin 2005 et
Conscience
et Spiritualité N° 1,
novembre 2005